Ein Stück der französischen Geschichte, intellektuell beschlagnahmt

J’ai fini le tarama en l’étalant sur un pain italien vieux de plusieurs jours. À un moment, je suis tombé sur une tranche avec une tache ovale et noire. J’ai quand même tartiné.

Ce jour-là, à la télé, une chaîne que je ne regardais jamais rediffusait ses émissions de la semaine. Depuis quelques années, on en parlait tellement dans les médias que j’ai décidé de prendre mon repas devant l’une de ces émissions.

Sur le plateau télé, deux historiens revenaient en longueur sur l’histoire de Jeanne d’Arc. Elle n’avait jamais emmené paître les moutons comme le montrait le tableau qui défilait à l’écran, mais elle était une fille de laboureur, ce qui n’était pas tout à fait la même chose. Elle avait une mère très pieuse, qui semblait être à l’origine du mysticisme qui infuserait par la suite en elle. Les Anglais occupaient une bonne partie de la France actuelle, les Bourguignons aussi, et « les vrais Français », les duchés, de mémoire, avaient du mal à accorder leurs violons pour faire front contre l’ennemi qui les dévorait petit à petit. S’ensuivaient les différents tests que Jeanne d’Arc avait passés pour obtenir sa légitimité : passage devant un curé exorciste, déjouer le subterfuge du dauphin qui s’était caché dans la foule et qui avait placé sur son trône un de ses courtisans. Mais cela n’avait pas dupé Jeanne d’Arc.

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