Paris s’apaise. Mon père est tout près, je le sens. Je retrouve son odeur, le grain de sa voix, tous ces détails que la mort nous vole. Je vais devoir le laisser partir à nouveau mais je l’ai ramené au présent. Il a marché sur mes épaules, déambulé dans les rues de cette ville qu’il nous a offerte, à mon frère et moi. C’est le rêve qu’ils ont eu, avec ma mère : offrir Paris à leurs enfants. Que tout commence ici. Alors cette ville est mienne, oui, parce qu’elle m’a été donnée. Et tout ce qui bruisse en elle, la clameur du passé, le fracas, les révoltes, les foules pressées, le pas hésitant des poètes, les solitudes côte à côte et les grands espoirs de foules, sont miens. Je prends tout. Je retrouve Paris. Et je sens mon père sourire avec douceur, heureux de voir que tout continue au-delà de lui.
Stille nach dem Sturm: Cécile Guilbert
Cécile Guilbert hat sich in früheren Werken wie dem Roman „Les Républicains“ (2017) und der Chroniksammlung „Roue libre“ (2020) als scharfsinnige Diagnostikerin des politischen, intellektuellen und stilistischen Niedergangs Frankreichs und der Gesellschaft etabliert. Ihr jüngstes Buch „Feux sacrés“ (2025) stellt jedoch eine bemerkenswerte Verschiebung dar, indem es sich einer autobiografischen und spirituellen Selbstreflexion zuwendet, die durch persönliche Verluste und die Suche nach Sinn in indischer Philosophie ausgelöst wird. Dieser Aufsatz untersucht, wie diese Hinwendung zu einer „radikalen Innerlichkeit“ in „Feux sacrés“ nicht als Resignation, sondern als eine fortgesetzte, wenn auch andersartige Form des Widerstands gegen die diagnostizierten Dekadenzerscheinungen der modernen Welt verstanden werden kann.
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